Stage Permaculture – Jour 1

Nous sommes rentrés de plain pied dans les vastes contrées de la permaculture ce 8 mai. A l’issue d’un tour de présentation où chacun a partagé ce qui reliait son parcours à la permaculture, nous avons plongé dans le grand bain en transition avec l’expérience fondatrice de Masinobu Fukuoka. Cette remise en cause radicale de la conduite des cultures qui a bouleversé sa vie est relatée dans l’ouvrage « La révolution d’un seul brin de paille » (https://www.youtube.com/watch?v=VsRSsvfu5fM). Ouvrage fondateur pour la consolidation de la vocation de notre formateur.

« Tout jardine », nous répète Pierre-Yves préférant le terme « naturer » à cultiver. L’approche systèmique de la permaculture est basée sur l’observation fine des dynamiques écologiques. Elle s’inscrit dans un espace-temps qui nous éloigne souvent de l’impératif du rendement économique. Tant mieux, nous avons le temps! 3 ans serait le temps d’observation des cycles naturels sur un site requis pour s’imprégner suffisamment de l’existant avant une intervention en profondeur.

Les grands principes exposés (prendre la nature comme modèle,  travailler avec la complexité, non-opposition, art de concevoir des systèmes, imagination, …) nous nous interrogeons sur l’éthique de l’intervention humaine sur le milieu naturel. Benoit s’empresse de nous rappeler toute l’artificialité de notre terrain façonné de toute part de la main de l’homme. Pierre-Yves enchaîne sur les « idées reçues » en s’attachant à déconstruire et relativiser toute situation. La contextualisation de chaque élément dans le système, guidé par un principe de résilience, ouvre un champ de potentiels positifs pour chaque situation. « Les déchets des uns sont la ressource des autres ! ». Le problème devient ainsi souvent la solution en Permaculture. Trop simple!

Un exemple de déconstruction : couper du bois en hiver. Si on le coupe au printemps en laissant le feuillage, celles-ci draineront la sève et l’eau rendant le bois plus léger. Elles pourront aussi servir de fourrage.

La recherche de résilience dans le système repose sur la redondance (plusieurs éléments peuvent assurer des fonctions proches), la multifonctionnalité des éléments.

L’organisation en zone concentrique du noyau de l’habitat (Zone 1) jusqu’à des secteurs laissés « naturants » (Zone 5). Les choses se complexifient quand on découvre que ces cercles concentriques peuvent s’interpénétrer en micro-zones (« exclo ») jouant le rôle de zones témoins (une sorte de thermomètre), ou le long d’axes de cheminement. Quand on croise avec les bordures (notion fondatrice également en permaculture), nous commençons à avoir besoin de passer aux travaux pratiques…

Petite séance de découverte sensorielle : retrouver un arbre ressenti à l’aveugle après un parcours de désorientation.

Guillaume sollicite son odorat sous l’oeil amusé de Laure-Anne.

On enchaîne avec la découverte des patterns dans le milieu environnant qui nous nous ouvrent à la richesse des correspondances et sources d’inspiration du grand livre de la nature.

L’après-midi nous commençons à cheminer dans la méthodologie OBREDIM acronyme dont nous traitons les deux premières lettres.

O pour Observer donc. B pour Bordures. Cela tombe bien notre terrain EST une bordure : transition entre le tissu pavillonnaire et un bout de campagne bocagère. Il en compte d’autres que nous inventorions : les rives de l’étang, les limites de la clôture, les haies, …

Nous passons aux travaux pratiques. La bordure étant une zone de fertilité et de productivité accrue nous réfléchissons en deux groupes à l’optimisation des rives de l’étang. Nous réintègrerons ces cogitations dans le design global du site plus tard dans la semaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *